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Le 07 Octobre 1909, cinq Frères des Écoles Chrétiennes belges, à la demande du Roi Léopold II, débarquent à Boma à la Colonie scolaire récemment établie dans cette ville en 1892 par un décret du Gouverneur Général. Avant leur arrivée au Congo, douze Congrégations et Ordres Missionnaires d’hommes et de femmes les avaient précédés au Congo à partir de 1880, année du début de la deuxième évangélisation de cette partie de l’Afrique Centrale. L’année 1909 marque donc le début des activités missionnaires de la congrégation des Frères des Écoles Chrétiennes au Congo. Elle s’installera et déploiera successivement son action apostolique dans les localités suivantes :
Boma en 1909; ➤ Kinshasa en 1910; ➤ Tunba en 1921; ➤ Bamanya en 1929; ➤ Mbandaka en 1930; ➤ Kangu (Mayombe) en 1930; ➤ Ngombe Matadi en 1936; ➤ Matadi en 1938; ➤ Itipo en 1949; ➤ Bikoro en 1953; ➤ Konzo en 1953; ➤ Kilwa (lac Moero) en 1956; ➤ Lubumbashi en 1964; ➤ Gbadolite en 1968; ➤ Mbanza Ngungu (ISP) en 1972.
À partir de 1953, la Congrégation essaime au Rwanda. Elle s’installe à Byumba en 1953, à Nyundo en 1954, à Ruhengeri en 1957, à Shangungu en 1963, à Butare en 1968. Plusieurs Frères du Congo sont envoyés en mission au Rwanda. Il s’agit de : - Frère Veron Ignace – Frère Petrus Karel – Frère Damien Deveuster – Frère Gerardus Joseph – Frère Felix Karel –Frère Marc Wallenda – Frère Mboyo Joseph – Frère Jacques Gordman – Frère Alphonse Willemsen – Frère Lippens Gerard – Frère Vanderstichelen Omer – Frère Jacobs Jan – Frère Albert Jules Matthieu – Frère Alexis Vandenweyer.
N.B: Le district du Congo devient District du Congo-Rwanda.

Dans les localités où ils s’installent, les Frères fondent des écoles qui dispensent l’enseignement à divers niveaux, depuis le primaire jusqu’au supérieur. Ils créent des écoles primaires, post-primaires et secondaires, des écoles d’humanités et d’enseignement supérieur.
Dans les écoles primaires, les études couvrent une durée de cinq à six ans. On y apprend à lire, à écrire et à calculer. Les écoles post-primaires dont l’enseignement s’étend sur deux ans au moins, préparent les élèves à la carrière administrative, artisanale, pédagogique, professionnelle, commerciale ou spécialisée. Parmi ces écoles, il faut classer l’école de Candidats Commis (Deux ans), les écoles artisanales (Deux ans), les écoles d’apprentissage pédagogique (Deux ans), les écoles professionnelles (Quatre ans), les écoles moyennes (Quatre ans), les écoles de moniteurs (Trois ou quatre ans), l’école de géomètres-arpenteurs (Cinq ans), l’académie des beaux-arts (Sept ans), l’école d’agriculture (Sept ans).
Dans les écoles secondaires, la formation générale et professionnelle est prolongée à six ans. On distingue les écoles Normales et/ou Pédagogiques, Commerciales et Administratives, Technique à orientation Agricole et Industrielle. Toutes ces écoles préparent les élèves à diverses carrières de cadre moyen et plus particulièrement à la poursuite des études supérieures et universitaires.
Quant aux écoles d’enseignement supérieur, les Frères ont dirigé l’École Normale Moyenne (ENM) de Boma devenue Institut Supérieur Pédagogique (ISP) transféré à Mbanza-Ngungu, ainsi l’École Supérieure d’Architecture de Kinshasa (Cinq ans) devenue l’Institut Supérieur d’Architecture de Kinshasa (ISA), intégré actuellement à l’Institut du Bâtiment et de Travaux Publics (IBTP).
À côté de certaines de leurs écoles, les Frères ont organisé des internats (Boma, Tumba, Konzo, Ngombe Matadi, Kinshasa/Académie des beaux-Arts, Bamanya, Itipo, Bikoro) où ils ont poursuivi l’œuvre de l’éducation de façon plus suivie et en profondeur.

Il y avait à peine une dizaine d’années que les Frères étaient arrivés au Congo lorsqu’ils amorcèrent, avec la discrétion qui leur est habituelle, l’œuvre de recrutement et de la formation des sujets autochtones pour leur Congrégation. C’était en 1920 que deux sujets congolais sont envoyés en Belgique pour y faire leur Noviciat à Grand-Bigard (Frère Philémon FUNDI et Frère François ALINGBA). Un troisième suivra plus tard et fera son Noviciat, en 1928, à Bokrijck.
L’organisation de la formation religieuse et lasallienne sur place débuta modestement au mois d’Octobre 1927 à la Colonie Scolaire de Boma avec le Frère Visiteur Veron Ignace Tordeur. L’implantation officielle d’un Petit Noviciat, d’un Noviciat et d’un Scolasticat à Tumba, se réalise successivement en 1928, 1929 et 1930. Après avoir été transféré en 1932 à Bamanya et y avoir fonctionné jusqu’en 1954, le Noviciat a été transféré en cette même année à Ngombe Matadi.
Depuis 1978, un troisième transfert a fixé le Noviciat à Kinshasa. (Notons que le Noviciat était fermé de 1974 jusqu’en 1978 faute des candidats et des moyens financiers). Le petit Noviciat et le Scolasticat ont été également transférés de Tumba à Kinshasa où ils fonctionnaient sous les dénominations de Juvénat, Postulat (FVI) et Scolasticat (M.I).
En 1983, le Noviciat du District du Congo (Zaïre) reçoit trois Frères novices rwandais pour leur formation religieuse. En 1984, le Noviciat de Kinshasa devient Inter- africain. Il cesse d’être autonome avec l’arrivée des Frères novices venant de l’Afrique de l’Ouest.
Douze ans après, en 1996, le Conseil Général décide de déplacer le Noviciat International francophone de Kinshasa au Burkina Faso. Plusieurs raisons furent évoquées pour la délocalisation du Noviciat : -La situation politique du pays instable, -la situation économique désastreuse et la guerre de libération qui prenait des allures inquiétantes, créant un climat d’insécurité.
En 1997, l’évacuation du Noviciat International de Kinshasa pour Bobo Dioulasso (Burkina Faso) est effective.

Très tôt, les Frères ont suscité l’élan pour la création d’une Association d’Anciens Élèves des Frères (Assanef). Dès le début de son existence l’Assanef s’est fait signaler par son dynamisme et est devenue célèbre dans la Capitale congolaise.
Dès 1929 les Frères décident et lancent pour leurs anciens élèves la publication de la revue « Signum Fidei ». En 1954, un home Assanef est érigé à Kinshasa.
Pendant plusieurs années l’Assanef se débat contre de très sérieuses difficultés pour sauvegarder son existence en essayant de maintenir la cohésion parmi ses membres. Toutefois il y a un problème sérieux dans l’Association, celui de conflit des générations. Actuellement, beaucoup des jeunes sortis de nos écoles ne se retrouvent pas et considèrent l’Assanef comme une association de vieux anciens élèves qui n’ont rien à avoir avec la jeunesse actuelle. Chaque école produit ses propres anciens qui se regroupent en petites associations presque autonomes. Les anciens de Tumba ont créé « ANETU », ceux de Ntetembwa « ANENT » etc. Ceux de Boma, de l’Institut Fr Iloo, de l’Institut Fr Alingba et autres, feront aussi leurs petites associations autonomes et tous ces groupes fonctionnent en ordre dispersé ; une force qui échappe à l’Assanef. Cette dernière doit changer de stratégie pour intégrer aussi facilement tous les jeunes qui terminent dans nos écoles.

Après l’étatisation, en 1974, de toutes les écoles congolaises, 24 missionnaires belges rentrèrent définitivement dans leur pays. Au début de l’Année scolaire 1975-1976, il ne reste plus que 47 Frères au Congo (Zaïre). Pour l’année scolaire suivante, ils seront réduits à 44, soit 24 missionnaires et 20 congolais. En 1970 le District comptait 124 Frères. Ce nombre a fortement diminué après l’étatisation des écoles.
Pendant l’étatisation, les Frères avait perdu la direction et la gestion de toutes leurs écoles. D’autres Préfets et Directeurs laïcs étaient nommés à leur place. Suppression de cours de religion dans les salles de classes, interdiction des objets de piété à l’école : crucifix, images des saints, statuts et autres…La journée de Noël est une journée ordinaire comme toutes les autres. Pour toutes les écoles de la République, l’Etat congolais (zaïrois) en assurait totalement la gestion.
A la suite de la « Convention scolaire » du 26 Février 1977 signée entre l’Etat congolais et les Églises, les Frères dont le nombre est resté à peu près le même que l’année scolaire précédente, acceptent la gestion de certaines de leurs anciennes écoles à Kinshasa, à Matadi, à Tumba, à Mbandaka et à Gbadolite. Désormais, ils assument la responsabilité de cinq écoles primaires, d’une école professionnelle industrielle et de cinq écoles secondaires avec sections pédagogiques, scientifiques, littéraires et commerciales. Il faut noter que ces écoles appartiennent toujours à l’Etat congolais, qui en détient le pouvoir organisateur. Les Frères n’en sont que des gestionnaires. Un seul internat est encore sous leur responsabilité à Tumba. Dans ce nouveau contexte, leur action pédagogique et éducative est mise à rude épreuve ou même anéantie par les tracasseries du nouveau régime politique.
En dehors des institutions scolaires confiées aux Frères, ceux-ci prêtent leurs concours à l’UNAZA (Université National du Zaïre) dans des Instituts Supérieurs : L’Académie des beaux-Arts, l’Institut Supérieur d’Architecture, l’Institut Supérieur Pédagogique, l’Institut Supérieur Professionnel et Technique, l’Institut Pédagogique National, les Facultés de Théologie Catholique de Kinshasa, les Musées Nationaux du Congo (Zaïre).

C’est en 1965-1966 que le nombre des Frères diminue. La situation devient inquiétante. Les Frères vieillissent et s’usent. On enregistre beaucoup de sorties des Frères congolais, attirés par des postes ou des fonctions plus alléchantes dans l’administration et dans le gouvernement de la jeune République du Congo. Il n’empêche que ces pertes sont cruelles.
En vue d’une meilleure efficacité de leur action apostolique et pédagogique, les Frères avaient amorcé, dès avant l’étatisation des écoles, un mouvement de leurs maisons et établissements scolaires. On procéda en 1967 au regroupement de quelques communautés. C’est ainsi qu’ils s’étaient retirés de Konzo et de Bikoro en 1967, de Lubumbashi en 1968, de Kilwa (Lac Moero) en 1969, Ils avaient déjà quitté Kangu au Mayombe en 1941 (Problème de mésententes entre les Frères et les Pères Scheutistes).
Au début de l’année scolaire 1974-1975, ils partaient de Bamanya et cédaient aux Pères Jésuites la direction du Collège Présidentielle de Gbadolite, fondé et dirigé précédemment par les Frères.
Au Rwanda, ils n’étaient plus à Shangungu en 1966, ni à Butare en 1970 et, en 1972, ils séparaient les maisons du Congo de celles de Rwanda qui constituaient, désormais, une entité administrative autonome (La délégation du Rwanda).
Contraints par les nouvelles conditions de travail résultant de l’étatisation scolaire et de la réduction importante de leur nombre, les Frères abandonnent Itipo et Gombe Matadi en 1975, Boma et Mbanza-Ngungu en 1976. Désormais, ils n’auront plus que sept communautés établies à Kinshasa (4), à Matadi (1), à Tumba (1), et à Mbandaka (1).

Dès sa fondation en 1909, le district malgré les difficultés inhérentes à son implantation, a connu une ascension extraordinaire jusqu’à être classé parmi les districts les plus florissants et riches de l’Institut. Comme témoignage : À la maison Généralice se trouve les vitraux offerts par le district du Congo comme sa contribution à l’effort de l’édification de la Grande Chapelle).
Au fil des années, les Frères élargissent le champ de leur apostolat ; et l’on voit dans les régions du Bas-Congo et de l’Équateur, les écoles prospères de Matadi, Tumba, Ngombe Matadi, Kinshasa, Mbandaka, Bamanya. Tout cela est le bilan de plusieurs années d’efforts, de souffrances et, disons le mot, d’héroïsmes humblement acceptés et joyeusement accomplis.
Vers les années 60 et 70, le district atteint son apogée. En 1968, le district entre dans une phase critique : Krach à la Procure qui frôle de peu la faillite (krach dû à la suite des malversations d’un escroc), l’épidémie de la dermatose qui frappe le cheptel bovin à Tumba (cheptel de plus de 2000 vaches), arrêt de ses éditions, retard dans le versement des traitements et subsides par l’Etat congolais. Les ressources du district se tarissent au moment où se décident l’achat des maisons LOUSBERG pour y loger le juvénat (actuel emplacement de Monishop à Kintambo), l’aménagement de la résidence de Tumba (Maison Rouge) en appartements pour nos professeurs laïcs. Certaines communautés ont vécu durement des subsides modiques versés par le district, au milieu des difficultés inouïes de ravitaillement et du renchérissement du coût de la vie. Là où c’est possible, les Frères se sont fait de l’argent par du jardinage, du petit élevage, en donnant des cours particuliers le soir aux adultes…. Comme de toute épreuve, les meilleurs de nos frères sont sortis trempés dans leur idéal missionnaire ; certains se sont lassés et nous ont quittés ; d’autres se sont relâchés.
Toutefois, les efforts ont été fournis pour sortir graduellement de l’impasse grâce à la générosité de certains bienfaiteurs. Le Frère Visiteur de cette époque, Frère Lucien Frings, avait du pain sur la planche pour faire vivre ses communautés. Le problème du personnel se posait avec acuité. Voilà ce qu’il dit à ses Frères : « Qu’on ne se fasse pourtant pas d’illusions : le boum de l’économie congolaise ne garantit pas notre sécurité financière et l’examen du budget doit être mené avec prudence… Mais nous pouvons tabler sur la providence : c’est démontré ! »
Démontré aussi, le fameux adage de Bodin : « Il n’est de biens et de richesses que d’hommes ». C’est le problème le plus douloureux auquel nous ayons été affrontés, la question la plus vitale que nous ayons à résoudre : la diminution du nombre des Frères, le vieillissement et l’usure des Frères. N’eut été le regroupement amorcé en 1967, nous ne serions nulle part.
Le Chapitre de 1970 donnait mandat au Conseil de restructurer les Communautés et de poursuivre le regroupement. Le nombre de Communautés est passé de 25 en 1967 à 18 en 1970 ; cela par la suppression de 4 maisons décidée par le Chapitre de 67 et par l’intégration des groupes de Frères au sein d’une même Communauté.
Pendant cette période critique du District, il faut reconnaître que les Districts belges qui parrainent le nôtre, nous ont beaucoup aidés très généreusement. Grand remerciement aux Districts belges pour leur fraternelle et généreuse assistance. Peu à peu, le District sort de l’impasse grâce au dévouement inlassable des Frères chargés de la gestion du temporel, de la générosité des bienfaiteurs, en tête desquels il faut placer le Président MOBUTU.
En 1978, grâce à Dieu et au zèle des promoteurs africains, l’éveil et la culture des vocations donnent beaucoup d’espoir de trouver sur place la relève qui assurera dans l’avenir la présence et le service de notre Institut au Congo.
Après quelques années d’interruption des maisons de formation, les Frères ont repris avec un nouvel élan et espoir, l’œuvre du recrutement et de la formation des candidats congolais pour leur Congrégation. Quatre jeunes qui forment la nouvelle génération commencent, en 1978, leur Noviciat à l’actuelle Communauté Marie Immaculée avec Frère Désiré Simbi Yalingala comme Maître des novices et Frère Bernard Kips, Sous-Directeur du Noviciat.
A la mort du Frère Désiré Simbi en 1980, Fère Bernard Kips est nommé Maître des Novices. Notre Noviciat était autonome dès sa réouverture (1978) jusqu’en 1984. Les jeunes étaient formés suivant un programme conçu par le District. De cette nouvelle génération quelques jeunes sont restés fidèle à leur vocation. Il s’agit de Frère Georges Ngimbi(+), Frère Jean-Pierre Mvumbi, Frère André Malumba, Frère Edouard Nlandu, Frère Boniface Nsamu, Frère Felix Kabata, Frère Edouard Luzolo(+), Frère Jean Sediaku(+), Frère Firmin Pambu(+), Frère Delphin Makoka(+).
Le noviciat Interafricain de Kinshasa a fonctionné de 1985 jusqu’en 1997. Son transfert pour le Burkina Faso sera décidé par le Supérieur Général John Johnston par un FAX du 30 janvier 1997 envoyé par Frère Jean-Marc Cantin, secrétaire exécutif, à tous les Frères Visiteurs des Districts francophones de l’Afrique dont voici le texte : « J’ai l’honneur de vous communiquer qu’à la réunion du Conseil général tenue à Rome le 29 janvier 1997, le Frère Supérieur et le Conseil général ont autorisé le transfert du Noviciat interafricain de Kinshasa à Bobo Dioulasso. Je vous inclus aussi copie d’une lettre qu’adressait hier le Frère Supérieur à l’attention de Frère Georges Ngimbi, Visiteur du District du Zaïre ».
Notons que cette décision de transfert du Noviciat avait créé avant des polémiques entre le Frère Supérieur Général et le Frère Visiteur du District du Zaïre (RDC). Plusieurs raisons ont été évoquées pour décider de ce transfert entre autres, la situation politique du pays, l’escalade de la violence dans le secteur Est du pays, la situation économique désastreuse etc. Au fil de temps, le noviciat a rencontré, dans son pays d’accueil, les mêmes problèmes qu’il a fuis au Congo.
Nous parlerons plus explicitement de ce transfert dans nos prochaines éditions.

Que vive Jésus dans cœurs ! À jamais.